La Faïencerie de Clamecy

Historique de la Manufacture Colas

« Retour aux vraies valeurs d’un artisanat qui perpétue un savoir faire dans le respect de la tradition et le goût du bel ouvrage »

La Terre, le Feu, et le savoir des Maîtres Faïenciers ont depuis le XVIIIe siècle établi la réputation des faïences de Clamecy situées au cœur de la Bourgogne, aux confins de l’Auxerrois et du Nivernais.



De générations en générations …

Fidèle Nolet

La faïencerie de Clamecy a été fondée en 1790 par Fidèle Nolet, en association avec un ecclésiastique de Varzy. Cet artisan vitrier, originaire de Suisse, était alors très lié avec une famille de potiers d'étain de la ville, les Bouvier. Détruits par un incendie en 1793, les ateliers reprennent rapidement leur activité grâce au crédit de 2 400 Francs alloué par le Directoire du district.

Le Directoire est très reconnaissant à Nolet d'avoir su créer de nouveaux emplois dans une région alors uniquement tournée vers le flottage du bois. Nolet exploite la fabrique jusqu'en 1804, puis il la loue à Claude et Alexis Ferreux ; ces derniers ne parviennent pas à surmonter la crise de 1833...

S'y succèdent ensuite les frères Villemont, Xavier Delapierre, Sapien, qui y élèvent de nouveaux fours, les Duché père et fils, Devancoup ... L'année 1888 marque la chute de la faïencerie.
Jusque-là on a produit des faïences, mais aussi des grès et des terres cuites. Les faïences peintes sont décorées de façon modeste sur le plan artistique : femme tenant une ombrelle, une fleur, dansant sur une corde raide en robe longue.



André Duquenelle

C'est un artiste bruxellois qui, attiré par la proximité de la forêt morvandelle qui offre un combustible économique, va rallumer les fours à Clamecy en 1918. En avril 1919, l’ancienne faïencerie reprend vie comme aux plus beaux jours de son histoire, autour d’une équipe dynamique. La production est alors tout autre, le jaune et le noir dominent dans de somptueuses décorations.

Duquenelle, grand amateur de « chinoiseries » Ming, fut intéressé dans sa jeunesse à la fois par les tapisseries de l'Ecole flamande-bourguignonne d'Arras et il va imposer un nouveau style à l'instar des porcelainiers chinois, préparant le style Khang.

Si il use du contraste entre le noir et le jaune, l'ornementation, fleurs et verdure, est souvent cloisonnée. Il signe ses pièces du mot inscrit au-dessous d'une série et des pots artistiques en grés signés à la vignette.

Au moment de sa retraite, M. Duquenelle cède son entreprise à son premier ouvrier, Roger Colas.


Roger Colas

Roger Colas, père du célèbre navigateur Alain Colas, est né à Dornecy dans un village voisin. C’est vers 1922 que ce fils de coquetier, alors âgé d’une quinzaine d’années, arrive à Clamecy.

Parfait autodidacte, il apprendra cet art dans les livres et sera, pendant de longues années, le collaborateur de Duquenelle.

Il développe son art au coté de son maître, M. Folle, ancien décorateur aux Ets Samson et Bloch à Paris, spécialiste des décors de Sèvres, Fontainebleau et relief or.

Roger Colas va poursuivre l'œuvre de son prédécesseur et prend sa succession en 1937. Il est aidé dans sa tâche par son frère Henri jusqu'en 1968.

Pourvu d’une forte personnalité et de dons de création exceptionnels, Roger Colas réalise la quasi totalité des formes, modèles et moules depuis sa collaboration avec Duquenelle en 1925 jusqu' aux années 1970.

Enfant du terroir, Roger Colas allait-il faire une poterie du cru ? Non ! Il allait promouvoir un nouveau Clamecy. Un Clamecy qui ne devrait rien à personne.

Il confirme son originalité ; par ses créations et l’évolution constante des décors. C’est sous son pinceau précis que s’ajoute le célèbre décor à la rose, le cachemire avec des oiseaux et fonds de couleur, sans oublier les interprétations des décors révolutionnaires du Nivernais et les décors de manufactures disparues : Strasbourg, Marseille, Montpellier, etc.

Roger Colas est également l’un des rares faïenciers à avoir réalisé des lustres complets en faïence et à avoir développé une gamme exceptionnelle de luminaires.

En 1972, Roger Colas dont sa femme Fernande Colas avait maintenu l'activité de la Faïencerie pendant les sombres années de guerre «1939» et de captivité de son mari, transmet le flambeau à son fils, Jean-François Colas, qui prend la direction la faïencerie avec son épouse, Pierrette Colas.



Debout à gauche, Roger et Fernande Colas avec toute l'équipe en 1946


Jean-François Colas

La Faïencerie de Clamecy devient «Faïences d'Art et Créations R. Colas s.a.». Elle continue sur sa lancée avec une vingtaine de compagnons, en grande partie apprentis de la maison.

Artiste dans l’âme, Jean-François et Pierrette Colas entretiennent le goût du bel ouvrage, et assurent le rayonnement des faïences d’art de Clamecy en France et en Europe.

Jean François Colas ne cessera de développer de nouvelles gammes et fera évoluer les décors au fil des décennies.


Jean-François Colas à droite avec son père à gauche
Dans les années 1990 apparaitront deux nouveaux décors : le « Polychrome » et le « Camaïeu ».
Au début des années 1980, Jean François Colas a l’idée de produire des fèves traditionnelles en céramique pour les boulangers et pâtissiers : un savoir-faire commercialisé sous le nom «  Fèves de Clamecy ».
Chaque année, plusieurs collections voient le jour et on compte aujourd’hui plusieurs milliers de créations allant de la fève traditionnelle aux pièces de collections.
Cette activité représente aujourd’hui une part importante de la production.
Les dernières collections sont signées par Alexandre Colas, le fils de Jean-François et Pierrette qui a rejoins l’entreprise familiale en 2001.

En parallèle de sa vie de faïencier, Jean François Colas sera également marin, coureur aux larges, dans le sillon de son frère Alain avec qui il participe entre autre à la Trans-Pacifique Los Angeles-Tahiti en 1970, à la tentative du record de la traversée de l’Atlantique sur le 4 mats, à la course autour des Iles Normandes en 1974 sur « Manureva », etc. Lié par une rare complicité fraternelle, il a été le bras droit de tout les projets : du Tour du monde en solitaire à la construction du plus grand voilier de course transocéanique, le 4 mats « Club Méditerranée ».